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Souley Dodo
Par Bello Marka Publié le 16/07/2012
Ayant servi dans la fanfare nationale pendant presque trente six ans, le capitaine à la retraite Souley Dodo fait partie de ces figures emblématiques qui concourent au rayonnement de la musique moderne nigérienne. Fofo magazine qui l’a rencontré lors d’un atelier de renforcement de capacité des acteurs culturels en chanson, tenu à Tillabéri dans la première quinzaine du mois de juillet, où il a partagé son expérience avec des chanteurs et musiciens venus des 8 régions du Niger, nous fait découvrir ce militaire-artiste qui, au-delà de son savoir-faire, sait garder cette discrétion dans la pure tradition de la grande muette. Interview.
Fofo magazine : Mon capitaine, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Capitaine Souley Dodo : Je suis le capitaine à la retraite Souley Dodo. Je suis né à Berberkia, un petit village de la région de Zinder, dans le canton de Tirmini. J’ai commencé la musique en 1971, l’année de mon incorporation dans l’armée Nigérienne. J’ai fait toute ma carrière militaire dans la musique des FAN (Forces Armées Nigériennes), jalonnée de quelques stages à l’étranger notamment en France. J’ai fait valoir mes droits à la retraire le 1er janvier 2007. Fofo magazine : Aujourd’hui, quelle impression cela vous suscite de partager votre expérience de la musique ? Capitaine Souley Dodo : J’ai toujours exprimé un sentiment de joie une fois dans une salle où je dois apprendre ou faire apprendre la musique, car la musique est avant tout une distraction. Et c’est pour moi une fierté de partager l’expérience vécue dans ma carrière musicale. Fofo magazine : En tant que doyen, quel regard portez-vous sur la musique moderne nigérienne ? Capitaine Souley Dodo : Les mélomanes penseront que cette musique n’avance pas, c’est qu’ils ignorent certains aspects de cette musique. Quand vous faites un petit recul, il y a quelques années encore, il n’y avait aucun studio d’enregistrement à Niamey. Aujourd’hui, ils sont nombreux et les musiciens ont le choix de tel ou tel autre studio. Le développement de la musique n’est pas seulement l’amélioration des productions. Vu que le monde est devenu un village il faut que cette production soit de qualité, c’est à dire consommable à l’international. Dieu merci que les artistes nigériens commencent à recevoir des invitations à l’extérieur (en Afrique, en Europe, et même aux Etats Unis d’Amérique). Tout ça démontre que la musique nigérienne avance. Mais il faut mettre des garde-fous dans la pratique car certaines musiques ne sont pas nigériennes et les jeunes veulent s’en approprier pour en faire un style. Ces jeunes ont besoin de formation à cet effet dès la base. Fofo magazine : Quel conseil donnez-vous aux jeunes artistes nigériens ? Capitaine Souley Dodo : Je leur conseille d’exploiter le patrimoine musical traditionnel nigérien ; comme ça ils sortiront une musique type dans les rythmes tellement variés des différentes régions. Je leur demande de ne pas devancer leurs Å“uvres, c’est à dire qu’ils doivent rester moins bavards et laisser leurs Å“uvres elles-mêmes les faire sortir au devant du public. Fofo magazine : Quel souvenir vous a le plus marqué durant votre carrière ? Capitaine Souley Dodo : Les souvenirs de trente six années de carrière musicale doivent être nombreux. Je garde celui de notre concert au palais présidentiel dans les années 79 avec Manu Dibango. Ce jour-là , nous nous sommes beaucoup amusés et quand les serveurs ont commencé à sortir les méchouis, Manu a introduit dans la chanson les mots « aux méchouis » devant le défunt Kountché. C’était la rigolade dans toute la cour du palais. Fofo magazine : On entend souvent dire que vous avez apporté beaucoup de votre expérience dans certaines grandes Å“uvres musicales nigériennes ? Qu’en est-il exactement ? Capitaine Souley Dodo : Oui bien sûr, mais je ne peux pas tout citer. Pour ce qui concerne le répertoire de la musique des FAN, il est composé à 99 % de mes arrangements. En ce qui concerne les groupes folkloriques, le ministère de la culture m’a plusieurs fois sollicité pour retoucher les morceaux à présenter dans les différents festivals. Quant aux privés, je préfère garder l’anonymat. Mais je dis aux jeunes que je suis toujours à leur service. Fofo magazine : Votre dernier mot ? Capitaine Souley Dodo : C’est le mot de la fin mais pas mon dernier mot. Je souhaite du courage aux jeunes, car la musique, plus tu avances, plus tu découvres que c’est un exercice de mathématiques. Interview réalisée par Bello Marka lundi 16 juillet 2012 Dans la même catégorie |
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