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Kimba Hima
Par Webmaster Publié le 13/06/2012
Kimba Hima est né en 1974. Peintre, il réalise des portraits, des paysages, des calligraphies à l’acrylique et à la peinture à huile. C’est auprès de son grand frère qu’il apprend le métier en 1992. Aujourd’hui, il dispense des cours à des jeunes. Cette année par exemple il a été chargé de donner des cours de peinture à 32 élèves du lycée Lafontaine durant un mois. Kimba travaille et expose au quartier Château 1 à Niamey.
As-tu fait des expositions ? La première que j’ai faite c’était en 1992 à l’hôtel Gaweye. Cette exposition qui dure 24 heures se déroule chaque année au mois de décembre. Lors de cette journée j’arrive à vendre presque la totalité des mes créations. En 1996 j’ai exposé au CCFN, en 2002 au CCOG et en 2005 à l’Ambassade de France. Depuis 1994 l’école Américaine m’invite tous les ans pour une exposition qui regroupe pas mal d’artistes et d’artisans.
Qui sont tes clients ? Les clients qui achètent ces créations sont pour la plupart des touristes. Avant Il y avait assez de clients. Prenons le cas de ce tableau avec le pont Kennedy, je le vendais 80 000 Fcfa avant, aujourd’hui je gagne à peine 50 000 Fcfa avec. Il n’y a pas de clientèle. Je peux faire trois semaines voir un mois sans vendre un tableau. Je m’en sors souvent avec des petits contrats comme, mettre des numéros sur les portières des taxis par exemple. C’est dure vraiment. Les touristes ne viennent plus au Niger. Quant aux nigériens, ils ne veulent pas payer nos tableaux en tenant compte de leurs valeurs. Par exemple, aucun des bureaux du ministère de la culture n’est décoré par un tableau nigérien. Beaucoup de nigériens quittent le Niger pour aller payer des tableaux dans d’autres pays. Pourtant ils peuvent en trouver ici. Il y a aussi le fait que le ministère en charge de la culture n’associe pas les peintres dans les activités culturelles. Des fois, même les invitations qui viennent d’ailleurs aux noms des peintres sont orientées vers d’autres destinations par ce ministère. En 2011 ce même ministère avait demandé aux peintres, des tableaux pour une exposition qui devait se dérouler en France. Comme réponse nous avions proposé au ministre de remettre les invitations aux peintres pour qu’ils puissent eux-mêmes accompagner leurs œuvres en France. Finalement nous ne nous étions pas compris. L’association des peintres nigériens n’a jamais bénéficié de ce qu’ils appellent fonds d’aide aux artistes. En 2009 le ministère avait demandé à chaque artiste peintre deux tableaux pour qu’il puisse en choisir quelques uns. Le but était de décorer un bâtiment appartenant à l’Etat, situé au village de la Francophonie. Au final ils n’en n’ont acheté que quatre.
Quels sont tes projets ? D’abord je vous informe que mon atelier a été détruit par les agents de la mairie pendant le régime de Tandja. Depuis je travaille à l’air libre sur une avenue. Aujourd’hui je n’arrive même pas à bien travailler parce que je suis exposé aux bruits des véhicules et des piétons qui empruntent en permanence cette voie. Je suis aussi exposé à la pluie pendant la saison. Là , mon souci premier c’est de reconstruire cet atelier. Ce métier nécessite du calme afin de pouvoir se concentrer. Je projette également de faire une exposition au niveau CCFN Jean Rouch.
Le mot de la fin. Je demande à tous les peintres de s’entraider. Si un quelconque peintre gagne plusieurs contrats à la fois, je souhaite qu’il fasse appel à d’autres pour qu’ils puissent travailler ensemble. Je souhaite aussi que le ministère de la culture soit neutre dans tous les domaines culturels.
mercredi 13 juin 2012 Dans la même catégorie |
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