Koffivi Assem

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interview réalisée par XAVIER GILLES, notre correspondant au TOGO


Koffivi Assem, écrivain togolais, animateur de magazines pour enfants : « …Alors que certains Etats subventionnent les acteurs de la chaîne du livre, le mien les étouffe… »

Lauréat du prix littéraire « France-Togo » 2006, Koffivi Assem livre ses confidences autour de ses débuts dans la littérature, les maux qui minent ce secteur artistique ainsi que la chaîne du livre au Togo.

Comment et quand êtes-vous entré dans le monde de la littérature ?
Je ne peux dire exactement à quel âge mais je me souviens que dès que mon petit frère a commencé à balbutier ses premiers mots, lui et moi nous racontions des histoires dans lesquelles nous étions les héros dotés de superpouvoirs. Mon premier poème, je l’ai publié dans le journal « Togo escale » à 9 ans. Je pense que je devrais aller demander à ma mère si je ne suis pas sorti de son sein muni d’un calepin et d’un stylo ! Mais, la détermination de vouloir devenir écrivain à tout prix, reléguant mes études au second plan, s’est manifestée en 1999, j’étais en 1ère scientifique.
Quels sont les auteurs togolais et étrangers qui vous ont non seulement marqué mais aussi qui ont nourri en vous la passion pour la littérature ?
En toute franchise, la littérature africaine m’ennuyait. Mon admiration allait à Jules Verne, à Jules Renard, Isaac Asimov et Francis S. Card. J’allais finir par croire que les Africains ne savaient pas raconter de belles et palpitantes histoires, quand j’ai découvert « Les Frasques d’Ebinto » d’Amadou Koné. C’est à partir de lui que j’ai commencé à découvrir les écrivains comme Sembène Ousmane, Ferdinand Oyono, Sami Tchack, Florent Couao Zotti, Ken Saro Wiwa. Mais ma passion pour l’écriture n’est pas née de la lecture d’écrivains célèbres, mais d’une attirance pour les belles histoires. Autant que les livres, le cinéma et la bande dessinée y ont un rôle non négligeable.
Vous vous êtes spécialisé dans la littérature jeunesse. Pourquoi cette option ?
C’est plutôt la littérature jeunesse qui m’a choisi. Les premiers ateliers de formation qu’il m’a été donné de suivre, étaient dans ce domaine. Alors que j’écris un peu de tout, c’est dans ce genre que j’ai le plus intéressé les éditeurs. Je m’y professionnalise car c’est un terrain sur lequel j’ai une petite longueur d’avance. En plus, surtout en Afrique, ce sont les enfants qui peuvent vraiment se mettre à la lecture ; les parents déjà engagés dans le cercle infernal de la survie, n’en ont ni le temps ni l’envie. Mais, je suis aussi nouvelliste et peut-être bientôt romancier.
Vous avez remporté au cours du second semestre de l’année 2006 le prix littéraire « France-Togo » avec votre ouvrage « La Belle ensorcelée ». Dans quel contexte l’avez-vous écrit ?
Quand j’en avais débuté la rédaction en 2001, « La Belle ensorcelée » faisait partie d’un recueil de contes devant évoquer les origines du peuple Ewé. En ces périodes, il y avait aussi beaucoup d’heurts entre les ethnies, au Togo comme partout en Afrique. Prétendre que dans un passé lointain, les peuples se toléraient plus et n’hésitaient pas à laisser des étrangers épouser leur filles et accéder à leur trône, me paraissait un message poignant pour le monde soi-disant civilisé et pourtant xénophobe dans lequel nous vivons.
Situez-nous cet ouvrage dans le temps et dans l’espace.
L’action se déroule un siècle avant les premiers contacts des habitants de l’Afrique de l’ouest avec les Européens dans un royaume s’étendant sur la côte de la Gold Coast (actuel Ghana) au Dahomey (actuel Bénin).
Vous avez accouché les idées développées dans « La Belle ensorcelée » à travers le conte. Pourquoi avez-vous choisi ce canal pour exprimer votre pensée ?
Je voulais écrire un roman historique, tout en m’inspirant du style de la tradition orale éwé. Malheureusement, puisque j’ai voulu aussi utiliser la trame d’un conte populaire européen, on l’a vite catalogué dans les contes. Ce que je ne regrette d’ailleurs<

dimanche 29 avril 2007

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