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Mali Yaya Kossoko
Par Webmaster Publié le 15/04/2012
FOFO : Présentez-vous à nos lecteurs. KOSSOKO : Mon nom est Mali Yaya Kossoko. Je suis cinéaste. J’ai fait l’école du cinéma par correspondance en 1965, tout en étant à Niamey. Suite à ça j’ai produit des films d’art et essais, c'est-à -dire des films d’auteur, ce ne sont pas des films de biseness. Parmi ces films je peux citer ‘un weekend à Niamey’ que j’ai réalisé en 1968. Il a été filmé en 8 millimètres et dure 13 minutes. ‘La réussite de maï-tébour’ en 1970 en 16 millimètres d’une durée de 20 minutes et ‘les hantés de la coqueluche’ en 1979 qui dure 20 minutes également. Ce dernier a été présenté à Fespaco. Tous ces films ont été tournés à Niamey et ont été montés en France.
D’autre part j’ai aidé plusieurs réalisateurs dans la production de leurs films. Par exemple Djingarey Maïga pour son film ‘nuage noir’ en 1979. Je m’occupe plutôt de l’administratif tout ce qui est finance, remplir des dossiers, etc.
FOFO : Parlez nous de la belle époque du cinéma nigérien. KOSSOKO : À l’époque nous étions trois. Oumarou Ganda, Moustapha Alhassane et moi. A trois nous tenions la tête du cinéma Africain en général. De Paris aux Etats-Unis en passant par Moscou on ne connaissait que le cinéma nigérien. Aujourd’hui le cinéma nigérien est juste sur les bouts des lèvres et ça s’arrête là . Les jeunes de maintenant ne produisent que des documentaires. Or, faire du cinéma c’est réaliser des films de fiction aussi. Les films documentaires sont nécessaires pour parler du temps qui courre et du temps qui va arriver, pour montrer ce qui existe et ce qui a existé. Les films de fiction eux sont de la pure création. En vérité pour faire du cinéma il faut faire de l’archéologie, de la sociologie, de la psychologie, etc. Le cinéaste doit faire des enquêtes afin de savoir comment les gens parlaient à telle ou telle époque, comment ils s’habillaient, comment ils jouaient etc. Le cinéma c’est un tout. Il regroupe une trentaine de métiers d’arts. Pour tourner un film il faut des décorateurs, des costumiers, des éclaireurs, des scénaristes, des comédiens, des maquilleurs etc. le cinéma regroupe plusieurs métiers. C’est un grand effort qu’un cinéaste fourni pour faire un film, je veux dire un film de fiction.
Je profite de cette interview pour vous informer que je suis membre de la fédération panafricaine des cinéastes mis en place depuis 1970. C’est cette fédération qui a créé le Fespaco. Cette fédération a obtenu pas mal de choses au près de l’ Union Africaine, par exemple la décision de Maputo (Mozambique) en 2002, nous permettant de faire assoir l’industrie de la cinématographie et de la télévision à travers un budget pour financer les films partout en Afrique.
FOFO : Et le CNAV. KOSSOKO : Le CNAV (Centre National Audio-Visuel) a été attribué aux cinéastes par la conférence nationale. Aujourd’hui c’est un maquis... Ca devait être le centre dédié aux cinéastes, rien n’a été construit. Les autorités ne font plus la politique du cinéma. Le CNAV, ce n’est pas un ministre ou un premier ministre qui a décidé cela, alors nous les cinéastes nous avons le droit de récupérer cet endroit.
FOFO : On entend souvent que le Fespaco devait être nigérien, que c’est-il passé vraiment ? KOSSOKO : Les premiers germes du Fespaco c’était ici au Niger sous la forme de ‘la semaine du cinéma Africain’. La décision de cette semaine du cinéma a été prise au centre culturel franco-nigérien par les pays du conseil de l’entente à savoir le Benin, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso et le Togo. C’était dans les années 70. L’idée, c’était d’organiser la semaine du cinéma dans chaque pays du conseil. C’est le Burkina Faso qui a accueillit la toute première semaine, ensuite le Togo puis le Benin et ainsi de suite. Juste à la fin de cette semaine du cinéma à Niamey, le président de l’Assemblée Nationale d’alors, Boubou Hama, a dit ceci ‘il faut qu’il ait un festival de cinéma à Niamey’. Mais le Niger n’a pas fait ce qu’il fallait. Le Burkina lui, a implanté un festival de ce genre qui, aujourd’hui est devenu le Fespaco. Pourtant l’institut des recherches en sciences humaines (IRSH) était le plus doté en Afrique saharienne. Il y avait des caméras, des rails, etc. Le Niger avait les moyens.
A l’époque il y avait une petite mesquinerie au Niger. D’ailleurs c’est ce qui a fait que le tournage du film Saraounia n’a pas pu avoir lieu ici. Se sentant frustré au Niger, le réalisateur Mauritanien Med Hondo a finalement été accueilli par le Burkina Faso pour le tournage. Ce qui est marrant, le jour de la projection de ce film, les mêmes têtes qui avaient dérangé son tournage sont venus l’applaudir au Palais des Congrès de Niamey.
FOFO : Pour vous quels sont les principaux problèmes que rencontrent notre cinéma actuellement. KOSSOKO : Il n’y a pas de financement. En plus les cinéastes qui faisaient des films sont vieillissants et ceux qui montent ne connaissent pas le cinéma, voilà . Sa chance est que son passé est assez important pour qu’il puisse rebondir, mais comment ?
dimanche 15 avril 2012 Dans la même catégorie |
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